Aperçu sur les sites de Nyamata, Murambi, Bisesero, Gisozi, Nyarubuye et Ntarama.

Gisozi 

ce complexe mémorial construit en 1999 est le plus grand site du pays quant à la taille de victimes qui y sont inhumées: plus de deux cent cinquante milles victimes retrouvées jonchées dans les rues de Kigali et ses abords, abandonnées dans leurs maisons, jetées morts ou vivants dans des fosses communes, jetées dans des rivières et rejetées sur les rives de celles-ci par les eaux une fois morts.

Ce complexe mémorial contient une grande exposition permanente qui trace l’histoire générale du Rwanda, depuis sa formation au 11ème siècle jusqu’à sa sombre période de l’extermination d’une partie de sa population, les Tutsi, en 1994. Une partie de l’exposition décrit les témoignages de la planification et l’exécution du génocide, ses tristes conséquences ainsi que le processus de l’unité et la réconciliation nationale entre ses filles et fils. Les objets individuels de victimes ainsi que différentes types d’armes utilisées y sont également exposés.

Outre l’histoire du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 qui est décrite depuis sa planification et sa systématique exécution, on y retrouve aussi une exposition d’autres génocides dont arménien, juif, cambodgien et serbe.

A côté de quelques 14 tombes communes dans lesquelles sont ensevelies les 300 000 personnes, un grand mur de mémoire sur lequel 2000 noms  signalés par les rescapés et leurs voisins y sont transcrits. La liste reste cependant ouverte pour l’identification d’autres victimes. Ce complexe mémorial de Gisozi a pour composante également, un centre de documentation sur le génocide au profit des chercheurs locaux et internationaux,  un jardin de mémoire et un musée café.

 

Nyamata:

La majeure partie de la population Tutsi habitant surtout le Nord et le sud du pays ont été déportés pour habiter de force la région de Nyamata infectée de mouche tsé-tsé.  

Une fois la région exploitée et devenue habitable par ces occupants Tutsi, en 1980, une église y sera construite.  En 1994, ce lieu autrefois saint sera désacralisé et deviendra un lieu d’immolation de ses membres fidèles tutsi par leurs congénères rwandais où plus de quarante cinq milles personnes qui y avaient cherché refuge ont  toutes été sauvagement massacrées en un jour.

Après négociations entre l’église catholique et le gouvernement rwandais, l’église a été  transformée en mémorial représentatif d’autres églises dans lesquelles sont mortes les victimes du génocide perpétré contre les Tutsi.

Le site est composé notamment de la chapelle proprement dite dans laquelle sont exposés les habits que portaient les victimes, les outils utilisés par les génocidaires: machettes, lances, couteaux ainsi que les chapelets que portaient les innocents  fidèles de ladite chapelle.

Étant donné qu’un grand nombre de victimes fut massacré à l’intérieur de l’église, son auditorium est une exposition d’outils divers et sa cave est transformée en une grande exposition de restes humains conservés dans des vitres.

Dans les enceintes de l’église on y observe : 

  • deux tombes communes et une cave d’exposition des restes humains, en souvenir des personnes torturées et tuées à l’extérieur de la chapelle ;
  • deux pierres tombales sur lesquelles sont transcrits quelques noms de victimes qui y sont inhumées.

 Rappelons qu’en 1994, nombreuses églises furent des lieux de massacres de milliers de victimes du génocide commis contre les Tutsi: c’est le cas également de Nyange, Nyundo, Musha, Nyarubuye,Mibirizi, Hanika, Shangi, Nyamasheke, Kaduha, Kibeho, Cyanika, Cyahinda, Muganza, Kansi, Higiro, Mugombwa, Simbi, Mugina, Birambo, pour ne citer que celles-là. Pourtant, selon la tradition, quiconque cherchait refuge dans une chapelle ne pouvait en aucun cas être tué.

Murambi 

Construit en 1990 pour devenir un complexe scolaire technique, Murambi était devenu un lieu de persécution où entre 45 et 50 milles personnes habitant la colline et ses environs, toutes appelées et sensibilisées par les autorités locales et les ex-forces armées rwandaises à s’y regrouper sous prétexte de garantir leur sécurité, furent effroyablement massacrées.

Devenu un mémorial, ce complexe de douze locaux de six portes chacun auxquels s’ajoutent leurs annexes  sont tous devenus des lieux d’exposition de corps humains et d’objets utilisés par les génocidaires ainsi que quelques éléments d’identification des victimes. Les huit tombes dans lesquelles sont dignement inhumées les victimes de Murambi font parties intégrantes du site.

C’est également sur cette colline de Murambi qu’était basé l’état-major de l’armée française intervenue au Rwanda en 1994 dans ce qu’on avait appelé l’Opération Turquoise.

En 1959 comme en 1994, cette région où se circonscrit la colline de Murambi était la cible de meurtres des tutsi, victimes du génocide et fut considérée comme leur plus grand camp de concentration pour des raisons suivantes:

 

Ø  Il y a eu une forte sensibilisation des autorités politico-administratives et militaires locales sous prétexte de les protéger en un lieu public plus sûr; 

 

Ø  La région a été tardivement libérée par rapport à celles de l’Est du pays; 

 

Ø  impossibilité de fuir ou de trouver un autre refuge, vu la situation géographique de la colline. 

Sur plus de quarante cinq mille victimes qui avaient cherché refuge sur la colline de Murambi, seules quatorze personnes retrouvées soit en dessous des morts, soit immergées dans le sang, soit encore supposées être mortes, ont survécu.

Bisesero:

Appelé aussi mémorial de résistance, Bisesero fut construit en 1998 pour conserver l’histoire générale du génocide perpétré contre les Tutsi de la région, la résistance et le refus aux massacres commis contre eux.

Lors des massacres de 1962 et 1973, les Tutsi de la région avaient massivement fui vers la colline de Bisesero-Muyira où ils avaient réussi à se défendre. Croyant y trouver du salut et être dans la même position qu’auparavant, ils ont pendant plus d’un mois résisté en luttant avec des lances, machettes, pierres et simples bâtons contre les personnes armées jusqu’aux dents avec des fusils et grenades à tel enseigne qu’ils parvinrent à arracher quelques armes aux miliciens.

Outre l’histoire expliquée á travers la position de la colline, c’est-à-dire, d’en bas où vivaient les victimes vers le sommet où elles s’étaient enfuies, le site est une colline de32% de déclivité couvertes d’une forêt à ses abords sur laquelle sont  construites trois maisons à trois chambres chacune soit un total de neuf chambres, symbole de neuf anciennes communes de la Préfecture de Kibuye. Ces maisons qui servent d’exposition de preuves du génocide sont liées l’une à l’autre par un total d’escaliers de 285.71 mètres de longueur jusqu’au sommet de la colline où se trouvent les sept tombes dans lesquelles sont inhumées près de cinquante mille victimes du génocide commis contre les Tutsi en 1994.

Ces escaliers qui se resserrent au fur et à mesure que l’on monte la colline font référence aux milliers de personnes qui ont mené la résistance contre les tueries mais ne tinrent pas aux forces du génocide à cause de l’épuisement, de la souffrance et surtout de manque de moyens d’auto défense vis-à-vis aux génocidaires minutieusement formés et armés.    

L’entassement de milliers de pierres au bas de la colline autour desquelles sont enfoncées neuf lances, principales armes traditionnelles avec lesquelles se défendaient les victimes se font remarquer tout juste à l’entrée du site et tous font parties intégrantes du site et de son histoire.

Nyarubuye 

Situé à l’extrême est du Rwanda, Nyarubuye fait partie de la région naturelle de Migongo qui, avec le Mirenge et le Gihunya constituent l’ancien royaume indépendant du Gisaka.

Les tueries de Nyarubuye ont eu lieu du 15 au 17 avril 1994 sous la supervision de gendarmes du camp de Mulindi à Nasho et de l’ancien bourgmestre de la Commune de Rusumo, entité administrative où s’inscrit Nyarubuye. Comme Nyamata et Ntarama d’ailleurs, Nyarubuye est une église où plus de vingt six mille victimes  furent atrocement massacrées.

Construit de manière embryonnaire dès 1995, Nyarubuye présente des particularités par rapport  à d’autres sites :

 

-  Le nombre de ses victimes est estimé à plus de vinqt six mille sur un total de trente cinq mille pour tout le secteur ; 

 

-  La majorité de ses victimes comme ceux de tueurs n’étaient pas originaires du secteur : les victimes étaient en grand nombre originaires de Nyarubuye et ses environs dont : Rukira, Birenga, Kigarama, Kabarondo et ailleurs au moment où les tueurs venaient en nombre considérable également de Birenga, Kibungo, Kayonza, Rwamaga et ailleurs ; 

 

-  Les tueurs s’abreuvaient du sang d’innocentes victimes et en mangeaient les cœurs et les foies pour exprimer leur extrême vengeance et méchanceté.

Font parties intégrantes du site, les tombes dans lesquelles sont inhumées les victimes, les anciennes chambres des Sœurs de l’église et leurs cours où furent massacrées un grand nombre de victimes de Nyarubuye.

 Ntarama 

 Centrale et succursale de l’église de Nyamata, le site de Ntarana est situé dans le district de Bugesera. Plus de 5000 Victimes ont  péri lors de massacres qui ont eu lieu le 15/04/1994.

Le site du niveau national au même titre que les cinq sites précédents, Ntarama a comme composante principale:

L’église principale dans laquelle a lieu le grand massacre de personnes qui avait cherché refuge ;

Ses annexes composées de:

 

  •  Les tombes où sont inhumées les quelques  5000 victimes innocentes tuées ;
  •  L’école-chapelle où les enfants ont été rassemblés, maltraités, cognés contre le mur l’un après l’autre ;
  • La sacristie où d’innocentes victimes  ont été  immolées ;
  • Le jardin : ne pouvant pas contenir dans l’église pour  chercher refuge, nombreuses victimes ont été tuées dans le jardin de l’église, raison pour laquelle elle est prise pour partie intégrante du site; 
  • La cuisine des prêtres où plusieurs centaines de  victimes ont été brûlées vives